ARRIVÉE AU NICARAGUA
Après avoir quitté le Salvador, nous traversons rapidement le sud du Honduras, ne marquant qu’une pause stratégique : l’expédition de notre drone vers le Costa Rica. Car au Nicaragua, la possession de drone est strictement interdite et peut entraîner de lourdes sanctions. Face à ce casse-tête bien connu des voyageurs nomades, nous optons pour la solution la plus sereine. Plutôt que de tenter de le dissimuler au risque d’un contrôle approfondi à la frontière, nous choisissons de le faire “sauter” le Nicaragua en l’expédiant par DHL vers le Costa Rica.
Délestés de cette contrainte, nous prenons la route en direction de la frontière nicaraguayenne. Une étape que nous n’oublierons pas. L’entrée au Nicaragua avec THINUX, notre 4×4 aménagé, s’avère être la plus éprouvante et la plus chaotique de notre périple. Guichets éparpillés, désinformation, personnel peu accueillant et peu coopératif, absence totale de signalisation. Il nous faudra près de quatre heures pour franchir les formalités d’entrée. Et encore, selon d’autres voyageurs, nous faisons partie des chanceux car certains y passe presque le double de temps.
Cette expérience marque un tournant : plus aucune autre frontière ne nous semblera difficile après celle-ci. Éreintés, nous décidons de passer la nuit sur un grand parking pour poids lourds, à quelques kilomètres seulement du poste-frontière. Loin d’être glamour, cette halte improvisée nous permet pourtant de souffler, de récupérer… et de nous recentrer sur l’essentiel : le plaisir de découvrir un nouveau pays. Et quel pays !
Dès le lendemain, les paysages du Nicaragua s’offrent à nous : volcans majestueux, plaines verdoyantes, ambiance authentique. C’est au cœur de cette nature brute que nous partons à la découverte du volcan Cerro Negro, un incontournable pour tout voyageur en quête d’aventure au Nicaragua. Ce volcan de cendres noires est l’un des plus jeunes et des plus actifs d’Amérique centrale.



L'ASCENSION DU VOLCAN CERRO NEGRO
Dès notre arrivée, le Cerro Negro nous impressionne. Son cône noir, isolé au milieu d’un paysage quasi lunaire, dégage une puissance indescriptible.
Nous débutons l’ascension avant l’arrivée des groupes de touristes. Le sentier grimpe sur la pente sud-est, en zigzagant à travers un sol de scories noires, chaud et instable. L’ascension est courte mais intense, et la récompense à couper le souffle : une vue panoramique saisissante sur les volcans voisins et les vastes étendues nicaraguayennes, enveloppées dans un silence majestueux, presque sacré.
Au sommet, nous prenons le temps d’admirer ce géant. Contrairement à d’autres volcans recouverts de végétation, ce cône volcanique se distingue par sa noirceur absolue. Aucune trace de vie à sa surface, juste un désert de cendres noires, de roches basaltiques et de scories, ponctué de fumerolles qui témoignent de son activité volcanique. Quant à ses flancs abrupts ils plongent vers la vallée comme une promesse de vertige. C’est un volcan sauvage, encore vibrant sous nos pieds, un paysage aride, puissant, d’une beauté rare.










DESCENTE DU VOLCAN CERRO NEGRO EN SANDBOARD
Alors que les groupes organisés commencent à débarquer, transportant leurs planches de sandboard, nous choisissons une autre approche. Nous descendons le volcan en courant. Une course folle sur ses pentes raides, les pieds avalés par les cendres dans un nuage gris et léger, le souffle coupé par l’élan, le vent et cette sensation de liberté totale. Une vraie libération. La joie de vivre cette aventure à notre manière. Un moment brut, instinctif, intense, qui nous ressemble.
Une fois en bas, nous observons les touristes vêtus de combinaisons, casques, gants et lunettes, dévalant à leur tour le volcan en sandboard, assis sur leur planche. Peu de lieux dans le monde permettent une telle expérience. Puis, aussi vite qu’ils sont venus, les bus repartent en direction de León, emportant la foule avec eux.
Le volcan nous appartient à nouveau. Le site du Cerro Negro, désormais désert, s’offre à nous dans une intimité troublante. Nous partageons un moment suspendu avec ce géant noir. Comme si le volcan, après avoir vu défiler les foules, nous accueillait enfin dans sa vraie nature. Un instant rare, silencieux, presque sacré. On se sent connectés à lui, à son histoire, à sa force. Nous décidons de bivouaquer au pied du Cerro Negro, THINUX posé sur le sable volcanique. Nous réalisons à quel point nous sommes privilégiés de pouvoir dormir ici, seuls, dans ce décor irréel, face à un colosse de cendre.











PAYSAGE DIGNE D'UN TABLEAU D'UN AUTRE mONDE
Le lendemain matin, il est temps de repartir. La piste que nous empruntons pour quitter les lieux est différente de celle de l’aller. THINUX dévale lentement ce chemin de désolation, entouré de collines noires, de poussière, de cicatrices volcaniques. Le paysage est rude, brut… et pourtant si majestueux. Comme un tableau d’un autre monde.
Nous quittons notre nouvel ami avec émotion. Comme si nous avions tissé un lien intime avec lui. Un au revoir silencieux à ce décor grandiose hors du temps, à ce moment rare que seul le voyage aventure permet.


















OÙ DORMIR À LÉON AU NICARAGUA